Frutillar : un volontariat hors du commun

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Après nos expériences de volontariat en Nouvelle-Zélande et en Argentine, il était temps de poursuivre l’aventure Workaway au Chili. Nos recherches nous ont conduits jusqu’à Frutillar, petite station balnéaire située à une heure de la ville d’Osorno. Les raisons ? Notre hôte recherchait des volontaires photographes, vidéastes et communicants afin de promouvoir le Bauernfest, festival de culture chilo-germanique. Au programme : musique et danse folkloriques, dégustation de spécialités culinaires allemandes et bières artisanales. Ce festival créé par cette famille qui nous accueillait était programmé sur trois jours avec l’ambition d’accueillir 1500 visiteurs.

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Depuis notre fenêtre, vue sur le lac Llanquihue et le volcan Osorno.

Notre famille d’accueil

  • Notre hôte se nomme Ricardo, il a 45 ans environ et est ingénieur. Ricardo est plutôt bel homme, mince, et parmi ses autres qualités, il est aussi gentil et calme. Il parle Espagnol bien entendu, mais aussi Allemand et Anglais couramment du fait des origines de ses parents, l’un étant originaire d’outre-Rhin quand l’autre est née de l’autre côté de la Manche. Ricardo est divorcé, sans enfant. Il vit avec Monica et Sergio, ses parents, dans la grande maison familiale construite un siècle plus tôt par leurs aïeux. La famille jouit d’une immense propriété avec une vue imprenable sur le lac Llanquihue et le volcan Osorno. Sur ces terres, les Strauch disposent d’un hôtel d’une demi-douzaine de chambres avec vue, situé à quelques mètres seulement de la maison. Nous croisons donc matin et soirs des hôtes qui viennent dans la salle de restauration située dans la maison familiale.
    Ricardo entouré par son frère et sa soeur
  • Monica, la mère de Ricardo, est très avenante et souriante mais aussi terriblement fausse et autoritaire. Malgré son âge, la septuagénaire est très dynamique et a aussi une manière extrêmement agaçante de nous superviser. Elle est pire encore avec les jeunes stagiaires Chiliennes qu’elle a sous sa coupe. « Madre » comme l’appelle Ricardo, est méprisante et « clasista » comme on dit ici. Elle respecte ainsi ceux de bonne famille mais s’avère extrêmement méprisante avec ceux qui sont moins bien nés. Ça fait envie n’est-ce pas ?!

  • Sergio est gentil, à la seule condition qu’il vous remarque, ce qui est plutôt rare. Il faut dire qu’avec une dizaine d’autres volontaires dans la place et un roulement interminable, il est difficile de faire son trou ! Sergio est très actif lui aussi et oeuvre beaucoup à l’extérieur de la maison. Il ne se déplace d’ailleurs jamais sans « Chanel », sa petite chienne chihuaha aussi minuscule que craintive. Seul le maître de maison a la faveur du petit chien. Sergio passe l’essentiel de son temps sur son tracteur, un vieux Ford qui rend 10 litres d’huile par jour. Sergio kiffe tellement son tracteur qu’il l’utilise pour tout et n’importe quoi. À tort souvent. Si Sergio pouvait monter du salon vers sa chambre en tracteur pour se mettre au lit, il le ferait je pense. Avec Sergio, ça passe ou ça passe. Il le maîtrise son engin, c’est une certitude, mais s’il faut faire tomber un mur pour que la roue de son tracteur passe là où il l’a décidé, ça passera. À ce titre, j’ai bien cru me ramasser la charpente d’un hangar sur le museau une fois où Sergio avait décidé d’y rentrer avec son vieux Ford coulant. Bref… J’en fais des caisses sur Sergio et son tracteur, mais même si c’est un danger ambulant ça se sent qu’il s’éclate et ça fait plaisir à voir. Il a l’oeil pétillant d’un gosse qui s’amuse comme un petit fou.
    sergioTrop génial le Padre, mais il a une autre particularité, vocale cette fois. Sergio a la voix cassée et c’est à peine si on peut l’entendre. Alors imaginez-le vous donner une consigne alors qu’il enfonce la pédale d’accélérateur de son vieux tromblon de tracteur pétaradant en même temps. C’est mission impossible de l’entendre. Enfin pour nous… parce qu’entre Chiliens, ils s’entendent à 100 mètres. Un mystère que la science elle-même ne saurait résoudre. Faute de se faire entendre par les mots, Sergio a trouvé la parade : il siffle. C’est super agréable de se faire siffler toute la journée, moi je vous le dis. Et puis c’est vrai qu’il y a tellement de subtilité dans le langage des sifflements que c’est super simple de comprendre ce qu’il veut… Bref, de toute manière la communication, qu’elle soit verbale, par sifflements ou par grands gestes, c’est pas leur fort aux sud-américains. Et puis dire qu’ils sont bordéliques serait un euphémisme. Et têtus n’en parlons pas… Ils ne sont pas organisés pour un sou et travailler avec eux est un supplice. C’est à se demander s’ils font un concours à qui trouvera l’astuce pour être le plus inefficace. Sans rire, c’est à s’arracher les cheveux.
willy simpsons
La voix cassée, les sifflements et leur amour pour leur tracteur, Sergio et Willy ont beaucoup en commun.

Les volontaires

  • Facundo, dit « Facu », 30 ans, est argentin. Il est originaire de la belle Cordoba mais a fait sa vie à Ushuaïa. Le teint mat, les yeux noirs corbeau et la barbe saillante, Facu est aussi travailleur qu’il est agréable et avenant. Toujours le sourire, ce mec sait tout faire. À 16 ans il annonce à ses parents qu’il veut visiter la France. Il travaille dur à l’école et ses parents lui payent le billet en récompense. Arrivé à Paris, il prend son téléphone et annonce à ses géniteurs restés en Argentine qu’il s’engage en fait dans la légion étrangère. Tête brûlée oui, mais bien pleine. Facu devient tireur d’élite. Il passe 8 ans entre l’Hexagone et ses différentes missions puis de retour au pays il crée sa boîte, qu’il revend ensuite. Il se marie, puis divorce. Puis part en voyage à travers l’Amérique du Sud.

  • Evgeniia, « Yennie », ou « la Tsarine » pour nous autres. Russe vous l’aurez deviné. Vingt-cinq ans, une boule d’énergie mais un caractère de cochon et un égocentrisme à la hauteur de la superficie de son pays. Autoritaire, égoïste, capricieuse, menteuse, manipulatrice, de mauvaise foi… Une série de qualités en somme. Mais on peut lui reconnaître au moins un truc : on n’avait jamais vu autant de vices dans une seule et même personne ! Un visage poupon néanmoins et des cheveux blonds bouclés, mais des prédispositions certaines à la tyrannie… Un tyran qui partage néanmoins la vie du gentil Facu. Allez savoir pourquoi ?! Nous finirons par l’appeler « la Sardine » parce que la-dite « Sardine » se vantait de parler 5 langues dont le Français et que « Tsarine » semblait un peu trop facile à comprendre comme surnom, et on ne tenait surtout pas à être démasqués. Son attitude détestable à l’égard du groupe lui a valu le statut de persona non-grata. Mais elle s’est exclue elle-même en ne prenant part à aucun repas. Nous avons tellement été traumatisés par la Tsarine que nous lui avons consacré un article à part entière, à découvrir bientôt…
  • Stéphanie, « Stef », 26 ans, française, souriante, dynamique, pleine d’entrain, rigole à tout et croit parfois l’impossible ! Notre alliée indéfectible. Stef ne manque jamais une occasion de faire du sport. Elle ne tient pas en place sinon. Judokate de haut niveau en France, la petite Limougeaude rencontre un jour, sur la plage de Frutillar, des Chiliens en train de faire du jujitsu. Ni une ni deux elle se joint à eux pour la bagarre puis elle rejoint le club de Frutillar. Stef va alors à l’entraînement tous les soirs de la semaine. Et quand je dis tous les soirs, c’est vraiment tous les soirs, elle n’en manquerait un pour rien au monde. Le dojo est pourtant à 7 km de notre lieu de résidence et nous n’avons ni voiture, ni vélo. Stef n’a pas peur de faire l’aller-retour à pied quotidiennement. Accro au sport on vous avait dit ?! … Oh si peu !
    Ah et j’oubliais, Stef a une autre passion dévorante : la BOUFFE !!! « J’ai faim », « Quand est-ce qu’on mange ? » et « j’ai trop bouffé » resteront les phrases les plus couramment utilisées par notre Stef nationale. Vous l’avez compris, on l’adore.
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Stef dans toute sa splendeur !
  • Jared, l’Australien trentenaire en mal-être qui n’a pas fini de nous en faire voir de toutes les couleurs. Geek jusqu’au bout des ongles, condescendant, Wikipédia pratiquant, pas vraiment sociable, plutôt susceptible mais pas subtil du tout pour s’adresser aux autres. L’Histoire se rappellera notamment du quasi journalier « bon vous pouvez expliquer en Anglais maintenant ? ». Toujours subtils ces anglo-saxons quand on ne parle pas la langue de Shakespeare, mais bon, quand on vit au Chili il faut se faire une raison. L’histoire se rappellera aussi de sa réaction lorsqu’à table, Stef lui fit remarquer qu’il écoutait de la musique alors qu’on était en train de manger : « tu me reproches d’avoir des écouteurs mais ce n’est pas de la musique, j’écoute des podcasts. Et puis de toute façon, personne ne parle alors autant que j’écoute mes trucs. Et puis j’ai offert de la bière, tu veux que je fasse quoi de plus pour être sympa et sociable ?! ». Ah Jared, toujours le bon mot.

  • Melia, 24 ans, l’Américaine de Washington DC. Melia est venue aider sans savoir trop ce qu’elle pourrait faire, Ricardo non plus d’ailleurs. C’est à se demander pourquoi il l’a fait venir car la pauvre s’est ennuyée à mourir. Elle a très vite compris que l’organisation n’était pas le fort de la maison et a préféré mettre les voiles au bout d’une semaine pour un autre volontariat où on lui confiait une vraie mission.
  • Vita et Artem, le couple ukrainien qui très vite, est tombé sous la coupe de la Tsarine. Entre Russophones on se serre les coudes car très rapidement, la Sardine s’est sentie très isolée. Elle a donc eu vite fait de prendre les deux dans son camp. Artem et Vita sont très discrets, peu communicatifs, et pas particulièrement adeptes du sourire. Mais Artem le dira lui-même, « dans mon pays, si tu souris à un étranger, on peut te tuer! ». OK. Ceci explique cela… Ils sont mariés et Artem a 10 ans de plus que Vita. Pourtant on ne dirait pas, ni physiquement, ni dans leurs comportements. Ils passent un peu pour les extraterrestres du groupe, ne faisant jamais la vaisselle, ne donnant jamais un coup de main pour quoi que ce soit. Ils sont dans leur monde, dans leur bulle, pour leur gueule. Purement et simplement. Une autre culture en somme.

  • Jashty, 20 ans, la petite Allemande super gentille et passionnée de photographie. Jashty ne sera restée qu’une douzaine de jours.
  • João, lui c’est le Brésilien trentenaire à la cool attitude. « Tranquilo » il est le p’tit gars de Rio, un mot qu’il ne cesse de répéter au quotidien. Jamais il ne s’énerve, tout va bien dans le meilleur des mondes possible. João c’est un rayon de soleil au quotidien. Il est arrivé environ un mois après nous et a découvert doucement la personnalité de chacun, les caractères, l’organisation. Souvent avec Jared pour boire une bière, un pisco ou un peu de cachaça, il forment tous deux un duo improbable. D’un côté « Cranky Jared », l’éternel pessimiste grognon, et de l’autre « João tranquilo » l’éternel optimiste sourire vissé aux lèvres.

joao

  • Melissa, la Colombienne qui l’a joué finement. Elle devait être en volontariat comme nous à la base, puis finalement elle a négocié pour être rémunérée. Postée à la réception, cela lui a valu des horaires de travail incroyablement longs (8h – 20h), 6 jours et demi sur 7, mais d’un ennui mortel car l’hôtel n’était pas grand et faisait rarement le plein. D’abord un peu intimidée par le groupe de Gringos que nous étions, Mélissa a ensuite lâché ses coups, pour notre plus grand plaisir !

 

Le Bauernfest

Le Bauernfest, c’était la raison de notre présence. Créé par nos hôtes et organisé pour la deuxième année consécutive sur leur propriété, il s’agit d’un festival de culture chilo-germanique qui met en avant les musiques folkloriques des deux pays, ainsi que leurs spécialités culinaires.

bauernfest-affiche

Le Bauernfest, H-3
Après la première édition, la famille Strauch avait décidé de mettre les petits plats dans les grands en faisant construire un énorme complexe couvert afin d’accueillir ce genre d’événement. Mais il faut appeler un chat un chat, à trois heures de l’arrivée du public, nous n’étions absolument pas prêts. Quand à 8h30 le matin entre une gorgée de thé et une tartine beurre/confiture, vous jetez un oeil par la fenêtre et constatez que deux tracteurs sont encore sous l’abri, que les ouvriers sont encore en train de couper des pièces métalliques pour les souder sur les poteaux qui soutiennent la structure… structure qui accueille des festivaliers une poignée d’heures plus tard ; nous étions unanimes pour dire que ça n’était définitivement pas prêt et ne le serait pas dans les trois heures à venir.
Revenons maintenant sur un détail : nous ne sommes pas Chiliens ! Ça n’a pas l’air comme ça, mais ça fait pourtant une différence de taille, croyez nous ! Voyons maintenant la scène d’un point de vue local, dans la tête d’un Chilien. « Ok Sergio il est 8h30, le festival commence dans trois heures et trente minutes. On est large. Disons que Juan fixe le dernier poteau qui soutient le toit. Admettons… Esteban, alors lui… on va dire qu’il sera en charge de déplacer les 500 kg de ferraille pas encore soudés mais qui devrons l’être d’ici la prochaine décennie et qui traînent un peu partout en plein milieu de ce qui devrait être l’endroit où mangeront les visiteurs. OK. Reste juste : à planter les panneaux pour le parking et les toilettes. Remplir les fûts de bière. Brancher la tireuse. Accueillir les exposants. Sortir les tables. Les mettre en place. Sortir 200 chaises. Les nettoyer. Les installer. Imprimer les tickets. Décider du prix de vente des consommations. Imprimer les tarifs. C’est ce que je disais… On est bien ! « 

préparatifs bauernfest
J-1, état d’avancement

Le lièvre et la tortue, version chilienne
Finalement rien ne servait de se stresser, notre famille d’accueil a revisité la fable à sa manière. Leur version de la morale serait plutôt : rien ne sert de courir, ni de partir à point ; il suffit juste de paniquer et de tout faire à la dernière minute dans la confusion et le stress le plus total !
Cela figurera donc parmi les plus grands mystères de notre civilisation : comment réussir l’organisation d’un événement alors que tout laisse présager du pire. La magie de l’organisation à l’arrache. On ne sait pas comment ça a été possible, mais ça a fonctionné. En demandant à mes acolytes chiliens sur le chantier, ils m’ont confirmé que c’était la marche normale. Tout faire à la dernière minute. Parce qu’il faut bien le dire, les jours qui ont précédé le festival personne ne s’inquiétait vraiment de l’avancée des préparatifs. À 17h, c’était plutôt « moi je rentre chez moi, on verra ça demain ».

 

Loin des standards européens
Elles semblent loin, très loin nos exigences d’organisation calquées sur notre modèle occidental. Ce qui a rendu possible la tenue de l’événement, ce sont leurs critères bien en dessous des nôtres.  C’est aussi ça la clé. En France, on n’imaginerait pas une seule seconde accueillir 1500 personnes en pleine campagne, sous un abri non fermé exposé à la pluie et aux rafales de vent qui déplacent terre et poussière. On n’imaginerait pas non plus accueillir des exposants avec en toile de fond des tas de terre et des câbles électriques brinquebalants. Mais ici, ça se fait. Ce fut surprenant, mais très intéressant de vivre ça. Au même titre que l’Inde avait pu me « choquer » par les différences qu’il y a en termes de qualité des infrastructures (hôpitaux, restaurants, entreprises, …) et des transports en commun, le Chili me rappelle que tous les pays du monde ne peuvent prétendre aux mêmes critères que ceux qui sont les nôtres en Europe. Ceci est un simple constat, et je ne sais pas laquelle des deux cultures devraient s’inspirer de l’autre : revenir aux fondamentaux en Europe avec des choses plus simples, ou essayer de rehausser les standards côté chilien ? Telle est la question. L’essentiel ne serait-il pas que tout fonctionne, peu importe la manière ?  En tout cas les festivaliers semblaient satisfaits de leur week-end à Frutillar, et c’était l’essentiel.   

bauernfest festivaliers frutillar chili

Le lancement
Le bar installé, la bière bien fraîche et la sonorisation fin prête, le festival n’avait plus qu’à commencer. Nous, nous n’y croyions pas trop, pour ne pas dire pas du tout. Compte tenu de l’organisation désastreuse que nous avions connue, nous avions peine à croire qu’on pourrait décemment accueillir des visiteurs, et pourtant si !
À 12h30 les premiers festivaliers arrivent et prennent d’assaut le bar. Quatre bières artisanales sont proposées, et l’omniprésence du soleil en fait vite les reines de la journée. Quelques bons empanadas et brochettes aussi appelées « anticuchos » sont au menu. Derrière le bar oeuvre la tyrannique Tsarine dans son costume traditionnel. Stef et Anastasia, une autre Russe, sont elles aussi bavaroisement vêtues ! Ambre et moi nous occupons de faire des photos et vidéos de l’évènement, et Jashty saute elle aussi sur son appareil photo pour s’éviter le port du costume traditionnel. C’est pourtant elle la seule Allemande de la bande, mais elle parle à peine espagnol, ça n’aide pas !

anticuchos
Anticuchos
empanadas
Empanadas

Des animations décevantes
Les visiteurs arrivent petit à petit, prennent une bière et des empanadas et vont se poser dans l’herbe avec le somptueux volcan Osorno en toile de fond. Côté animation, un poète se saisit du micro et nous gratifie d’un subtil poème sur l’île de Chiloé, puis d’un autre sur son fils. La suite des événements ne se passe pas tout à fait comme prévu avec l’absence de deux groupes qui pourtant figuraient bien sur le programme des festivités. Nos hôtes ne sont pas particulièrement surpris mais passablement énervés quand même. Il faut donc se satisfaire de quelques musiques folkloriques passées en boucle dans les enceintes pendant tout l’après-midi. Pas très agréable et un peu léger pour attirer les visiteurs.
De notre côté, il y a peu à se mettre sous la dent. En l’absence d’animation, difficile de réaliser des photos et vidéos dignes d’intérêt. Pour Stef, c’est aussi le calme plat côté service. Elle préfére donc jouer au foot avec les enfants, en tenue bavaroise s’il vous plait. Ça vaut le détour, et une photo !

stef joue au foot
Stef s’ennuie, alors elle joue au foot !

L’émétique Russe
Dieu sait qu’il est important d’avoir des repères quand tout fout le camp… et fort heureusement, une chose ne changeait pas : l’égocentrisme de l’émétique Russe. « Olala mon bar fait le plein… » ; « Oh les gars moi je n’arrête pas… » ; « je suis sur tous les fronts »; « les gens adorent ma bière »… Un florilège urticant qui ne cessait jamais. À l’entendre, le festival ne reposait que sur ses épaules et c’est elle qui avait brassé toutes les bières. Mais la seule chose qu’elle brassait, c’était de l’air. De mémoire, on n’avait jamais vu un être aussi prétentieux et égocentrique sur cette Terre.

Bauernfest Jour 2
Soleil, musique et danse traditionnelle, tous les ingrédients sont réunis pour une bonne journée. Les visiteurs se font beaucoup plus nombreux que la veille et le « curanto de Calbuco » (voir l’encadré ci-dessous) n’y est pas étranger. Jashty a elle aussi revêtu la tenue bavaroise et vient ainsi renforcer le trio franco-russe. L’après-midi est beaucoup plus rythmé que la veille grâce aux troupes locales qui nous font découvrir la « cueca », la danse traditionnelle chilienne. Robes bleues et voiles blancs pour les femmes. Bottes, éperons, chapeaux et costumes noirs et rouges pour ces messieurs… et mouchoirs blancs évidemment. Les tenues sont colorées et l’ambiance au beau fixe. Certains préfèrent observer la danse tout en mangeant quand d’autres se prennent au jeu et accompagnent les danseurs sur scène. Les exposants profitent aussi de l’ambiance et accueillent un peu plus de monde que la veille sur leur stand. De notre côté, les bières artisanales font toujours recette et les empanadas partent comme des petits pains. La fin de journée est plus calme avec un duo de musique tyrole et un orchestre symphonique.

Cueca
La Cueca

Le 3ème jour ne sera pas
Le ciel chagrin aura eu raison du troisième jour de festival. La pluie et la vue complètement obstruée sur le lac et le volcan rendent l’ambiance bien triste. Une dizaine de visiteurs tout au plus ont fait le déplacement. C’est donc avec de la bière, des empanadas et un jeu de cartes que nous passons l’après-midi entre volontaires, dans l’attente d’hypothétiques visiteurs. Les techniciens démontent vers 15h et les exposants plient bagages eux aussi. La fête est finie.

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Le Curanto de Calbuco
Calbuco est une ville chilienne de la région des lacs. Le « curanto » est une spécialité de l’île de Chiloé qu’on prépare pour les grandes fêtes et les grands comités. Il s’agit de viande et de coquillages cuits à l’étouffé. Le mode de cuisson et la préparation sont bien particuliers. On commence par creuser un trou d’environ un mètre de profondeur dans lequel on place de grosses pierres rondes ensuite recouvertes de bois secs. Une fois le bois brûlé, les sachets de coquillages et légumes sont placés sur les pierres alors brûlantes. Ils sont ensuite recouverts d’immenses feuilles de nalca bien vertes sur lesquelles on place des « pains », mélange de pommes de terre et de pâtes. Le tout est à nouveau recouvert de feuilles de nalca puis d’une bâche pour une cuisson à l’étouffée. Le résultat est très savoureux et riche et les assiettes copieuses.

Dans le prochain article, vous en saurez plus sur la tyrannique Tsarine, et notre lutte sans merci contre sa dictature !

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