Buenos Aires, des débuts catastrophiques

Buenos Aires

Auckland, 9 décembre 2016, 20h. C’est le cœur gros que nous quittons l’un des plus beaux pays du monde. Nous venons de passer une année exceptionnelle en Nouvelle-Zélande, cette terre sauvage aux habitants si chaleureux et amicaux. Arrivés seuls chacun de notre côté au pays des kiwis, c’est ensemble que nous continuons notre tour du monde. Et pour ce faire, direction l’Amérique du Sud ! Nous avons choisi d’atterrir en Argentine pour une raison simple : une grosse promotion nous a permis de dégoter un billet Auckland – Buenos Aires pour 430€ seulement.

Carte du monde

Nous atterrissons à l’aéroport Ministro-Pistarini d’Ezeiza le 9 novembre à 16h, soit techniquement avant d’être partis ! Magie du décalage horaire qui fait remonter le temps… Complètement décalqués, nous tentons tant bien que mal de réaliser les premières démarches à l’aéroport : acheter une carte de bus, la charger, trouver un bus pour rejoindre le centre-ville. Tout cela peut sembler simple mais nos cours d’espagnol du lycée sont bien loin Et les commerçants pas forcément patients. Une femme du centre d’information se moque même ouvertement de nos difficultés. Ça commence bien…

Au lieu de prendre un taxi ou une navette, nous optons pour l’option la plus économique : le “collectivo”, bus public dans lequel nous passerons une heure à observer la ville qui se dessine devant nous. À première vue, Buenos Aires ne nous fait pas grande impression. Les rues sont sales, la chaussée défoncée, les devantures de magasins vieillottes, les véhicules d’un autre âge… Cela nous rappelle vaguement l’Asie. Comme nous ne savons pas où est notre arrêt et que le chauffeur n’est pas très coopératif, nous descendons beaucoup trop tôt et parcourons les trois kilomètres qui nous séparent de notre auberge avec nos 20 kg de bagages sur le dos. Ça chauffe les cuisses !

 

Le jour où on a presque failli apprendre à faire de la bière artisanale

Dès l’arrivée, nous nous mettons en quête d’un volontariat sur notre site fétiche Workaway. Nous prenons soin de personnaliser chaque demande mais nous ne recevons aucune réponse… Après cinq, dix, puis quinze candidatures sans succès nous sommes tout à fait démoralisés. Puis, miracle, une réponse arrive ! Un Argentin nommé Gaston nous invite à venir passer un entretien pour travailler dans sa fabrique de bière artisanale. Merveilleux !

Gaston nous reçoit en pyjama et nous explique à cent à l’heure et avec un accent Argentin à couper au couteau l’histoire de la brasserie, puis nous installe dans son bureau et nous donne un document à lire. Il s’agit des règles de la maison. Le descriptif des tâches précise que l’un d’entre nous sera chargé de s’occuper du jardin et d’aider à porter les fûts de bière alors que l’autre fera le ménage dans la maison et à l’extérieur. Il est précisé noir sur blanc qu’il faudra ramasser les déjections du chien. Soit.

Ce qui nous fait tiquer : alors que dans son annonce Workaway, Gaston nous vendait du rêve en nous invitant à venir “apprendre à faire de la bière artisanale”, le règlement précise qu’il est STRICTEMENT INTERDIT de mettre les pieds dans la brasserie. Mmmmhh.

Puis on manque de tomber de nos chaises lorsque l’on prend connaissance de la partie sur la nourriture. Il est précisé que nous devons cuisiner chaque jour pour Gaston et ses collègues à partir d’ingrédients qu’ils fournissent. Mais la nourriture, c’est seulement pour eux. Si nous voulons manger à leurs côtés, il nous faudra acheter nos propres ingrédients et cuisiner en dehors de nos horaires de travail.

C’est ici que je vous présente la pigeonnade, concept novateur que nous retrouverons tout au long de notre voyage en Amérique du Sud.

gif-pigeonnade
Voici un schéma animé du processus de la pigeonnade qui vous permettra d’admirer mes talents inouïs en Photoshop.

Non parce que, le concept de Workaway, c’est de travailler 4 à 5 heures par jour chez un local en échange du gîte et du couvert. L’idée c’est de créer un échange culturel, linguistique, un espace de PARTAGE et CONVIVIALITÉ. Donc le brave Gaston avec ses 6h par jour de tu-ramasseras-les-chiures-de-mon-clebs-puis-tu-cuisineras-le-déjeuner-mais-attention-t-es-pas-la-pour-bouffer-gratos, on a l’impression qu’il veut gentiment nous la faire à l’envers.

On n’est pas emballés, mais on n’a pas vraiment d’autres options alors on serre les dents et on explique qu’on serait enchantés d’être leur jardinier/cuisinier/femme de ménage attitré. Et là, Gaston nous assène le coup de grâce : “Ok je note, par contre j’ai d’autres personnes intéressées alors je vous tiens au jus. Allez salut !”

 

Donc non seulement on vient de perdre une demi journée et vendre nos fesses pour un job qui ne nous plaît même pas, mais en plus on n’est pas embauchés !

 

Ambre et Nico ont la bougeotte

Comme nous espérions trouver rapidement un Workaway, nous ne réservions notre logement que pour quelques jours à la fois. Les auberges étant complètes rapidement, nous avons donc changé cinq fois d’hébergement en deux semaines. C’est dire si on a parcouru les rues de la ville avec nos gros sacs à dos !

 

Logement 1 : Rock Hostel kilometro zero

Avec une auberge qui s’appelle le Rock Hostel, il ne fallait pas qu’on s’attende à dormir beaucoup. Mais on n’imaginait pas ne pas dormir du tout, la faute à la musique tonitruante à toute heure du jour et de la nuit, mais aussi celle de nos compagnons de dortoir absolument pas discrets, tout cela couronné par les caprices de notre organisme complètement déboussolé par les 16 heures de décalage horaire avec la Nouvelle-Zélande.

Le deuxième jour, panne d’eau totale à l’auberge. En attendant que cela soit réparé nous ne pouvons pas :

  • Nous laver
  • Boire
  • Cuisiner
  • Tirer la chasse d’eau

Je vous laisse imaginer l’odeur de la salle de bain utilisée par pas moins de soixante personnes par jour. L’eau devait revenir le soir même à 18h, mais il faudra attendre jusqu’au lendemain après-midi avant de retrouver le précieux liquide, soit plus d’un jour et demi à mourir de faim et de soif suivi par une colonie de mouches (oui, j’exagère).

 

Logement 2 : Air BnB à San Telmo

Un coup de chance nous permet d’atterrir chez Sole, une Argentine adorable qui restera notre plus belle rencontre à Buenos Aires. Superbe appartement, bien placé et à un prix imbattable. Sole a été la première à nous initier au maté, boisson Argentine incontournable que nous n’avons pas fini de siroter ! Elle nous a également amenés à un spectacle organisé par ses amis acteurs, bon on n’a compris que 10% des dialogues mais l’attention était touchante.

Pour notre troisième hébergement, on tente le Air Bnb mais la personne chez qui nous réservons fait la morte, ce qui annule la réservation au bout de 24h. On se retrouve au dernier moment à déménager dans la dernière auberge où il reste de la place.

 

Logement 3 : Manganese hotel

On pensait avoir atterri dans la pire auberge de Buenos Aires. Des murs en papier, une cuisine de la taille d’un placard sans autre équipement qu’une gazinière déglinguée et une poêle couverte d’un épais mélange rouille/bouffe cramée/graisse, des douches sans pression et des chasses d’eau cassées, bref vous voyez le tableau. Pourtant, on apprendra que c’est le standing normal d’une auberge en Amérique du Sud. (Ok j’exagère encore). (Mais pas beaucoup).

gif dégoûté
Notre réaction en découvrant la cuisine de l’aubrege

Logement 4 : Air BnB à Palermo

Pressés de quitter notre auberge décrépie, nous déchantons lorsque nous recevons un message concernant notre prochain point de chute : “Désolée mais on n’a plus d’eau ni de gaz à la maison, vous devriez trouvez une alternative !”. Tous les autres logements étant hors de prix, on se rend donc quand même chez nos hôtes Air Bnb, un couple de filles. Elles achètent un chauffe-eau donc on s’en sort pas trop mal.

Pour notre cinquième et dernier logement, nous serons 4 avec Mathieu et Tatiana. Nous réservons un Air BnB pour trois nuits en priant pour que cette fois tout se passe bien. LOUPÉ !! Notre hôte nous contacte pour nous dire qu’il a un problème avec ses toilettes, et qu’on ne peut pas venir. On lui explique qu’il doit annuler lui-même la réservation sans quoi nous perdrons les frais avancés, mais il s’avère être un boulet en technologie. C’est non sans mal que nous récupérons notre argent et réservons in-extremis un autre logement.

 

Logement 5 : Joli petit studio en plein centre

C’est heureusement ici que s’achèvent nos problèmes de logement (et d’eau). Tout se passe bien dans notre petit appartement pour quatre. Mathieu et Tatiana décrochent rapidement des jobs, alors que nous décidons de changer d’air direction Bariloche.

 

Bilan de deux semaines à Buenos Aires

Nous avons assez mal vécu ces débuts chaotiques en Amérique du Sud. En plus des soucis énoncés ci-dessus, la difficulté à comprendre l’accent Argentin et à s’exprimer en espagnol n’a pas aidé. On aurait difficilement pu faire plus grand choc culturel que de passer directement de la Nouvelle-Zélande, pays des bisounours où tout le monde est gentil, aidant et souriant, à Buenos Aires. Les “porteños” nous ont été globalement hostiles : chaque chauffeur de bus, serveur, employé de supermarché que nous avons rencontré aura été désagréable, de mauvaise humeur et peu enclin à nous aider. Sûrement un manque de chance ou tout simplement le simple fait d’atterrir dans une capitale victime des maux classiques des très grandes villes : pollution, stress, vie chère, individualisme

 

Un début de voyage plutôt catastrophique donc, qui nous a empêché de profiter pleinement de Buenos Aires qui est pourtant une ville incroyable. On a quand même pu voir de très belles choses, on vous a d’ailleurs concocté un top 10 de nos activités gratuites favorites à Buenos Aires ainsi qu’une vidéo retraçant notre séjour dans la capitale.

2 Comments

  1. Pauvre de vous j’imagine bien votre desaroi… Heureusement que vous étiez tous les deux. C’était déjà moins pire j’imagine que seul, ou pire, avec un compagne de voyage « défaillant » ^^

    1. Ahah oui à deux ça passe ! on pouvait se lamenter l’un à l’autre 😉 mais Buenos Aires est quand même une ville super vivante il faudra qu’on y retourne dans de meilleures circonstances 🙂

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