Janajpacha : immersion dans un ashram chamanique

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Le jour où Ambre m’a proposé de faire un volontariat dans un ashram chamanique, la curiosité et surtout l’immense tolérance qui me caractérisent lui ont valu cette réponse : « Attends, un ashram chamanique c’est le genre de truc où on danse nu autour du feu avec des hippies fumant de l’herbe sous les ordres d’un gourou c’est ça ? ». Bref, j’étais sceptique j’avais envie d’y aller.

Ambre était particulièrement enthousiaste car les commentaires des précédents volontaires étaient dithyrambiques, et qu’elle voulait tenter un volontariat original (faire les chambres en auberge de jeunesse, on a donné merci). Parce que dire non à une femme n’est pas chose aisée, et parce que les conséquences à court/moyen/long terme peuvent être épouvantables, on y est donc allés. On se plaisait pas mal à Sucre et Tarabuco, mais après quelques expériences en volontariat plutôt classiques, on tenait là une expérience qui sortait de l’ordinaire. De toute évidence, j’étais l’élément moteur et mon enthousiasme n’avait d’égal que mon impatience (non).
Nous nous sommes donc rendus à Cochabamba, petite cité de caractère de 650 000 âmes qui brille davantage par son chaos que par son patrimoine architectural. Je cite Le Routard : « une politique d’urbanisation désastreuse l’a privée de ses belles rues au profit de constructions chaotiques ». C’est pas moi qui le dis…
Sucre, tu nous manques (déjà) !

Voyage en « classe affaire »

Après une heure d’un bus bondé dans la moiteur et le vacarme assourdissant d’un colectivo bolivien – pléonasme – nous descendons. Correspondance rue Santa Cruz, bus 265 (merci MapsMe, sans toi on ne serait rien). Second trajet, tout aussi délectable, dans un truffi cette fois (van très souvent de marque Toyota réaménagé en minibus transportant des êtres humains souvent de petite taille, très bruns et parlant espagnol parfois mais quechua plus souvent) mais tout aussi bondé. Voire plus. Étrangement, mesurer plus d’1,60 mètre et porter un sac à dos de 60 litres n’est pas avantageux dans une camionnette. Et encore plus étrangement, c’est (très) souvent quand on porte un sac de 60L que les truffis sont bondés. #fuckMyLife

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On garde le sourire mais on est légèrement à cran.

Arrivée à l’ashram « Janajpacha »

Nous descendons à « Planeta del Sol » et le point positif (hormis le fait que les bus pour Hobbits soient terminés), c’est que le lieu-dit de notre ashram est connu de tous et ça, ça nous évite bien des galères. D’autant qu’il fait quasiment nuit, et honnêtement, on est bien contents d’arriver. Nous entrons. Difficile de distinguer quoi que ce soit entre chien et loup, mais nous avons la nette impression qu’on met les pieds dans un immense domaine. Ce qui n’est pas pour nous déplaire. On est déjà impatients de voir ça demain matin.

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Pachamama, la « Terre-Mère ».

Un ashram chamanique, c’est quoi ?

Ah oui au fait, vous vous demandez peut-être ce que c’est tout ça ? Revenons sur mon image initiale, peut-être un chouïa biaisée, de l’ashram chamanique :
danser nu autour du feu : pas fait
– des hippies 
: ils le sont un peu quand même mais pas vraiment
– de l’herbe :
non, on n’en a pas vu/senti/fumé/mangé, mais on l’a bien sentie sous nos pieds
– le gourou :
on ne l’a vu qu’une fois, deux heures à tout casser et il n’avait rien d’un prédicateur aliéné. Bien au contraire !

Le chamanisme est une pratique basée sur la méditation entre les êtres humains et les esprits de la nature. L’ashram quant à lui est le lieu où vivent le chaman et ses disciples. Dans notre cas le chaman Chamalu ne vivait plus au sein de l’ashram, mais à une heure d’ici, à Cochabamba.

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« Urgente amar » : il est urgent d’aimer…

Une journée type à l’ashram

À l’occasion de notre dîner d’arrivée, nous avons été briefés sur le déroulement des journées :
5h50 – 6h00 : le gong retentit (pour de vrai !), signe qu’il est temps d’aller au temple pour ceux qui souhaitent participer à la séance de méditation
6h00 – 6h30 : méditation ouverte à tous et facultative
7h00 : Petit déjeuner commun (facultatif mais globalement très agréable pour l’estomac)
8h00 – 13h00 : Travail (PAS facultatif)
13h : Déjeuner commun
Quartier libre
18h : Dîner commun

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Cet étrange bâtiment abrite les volontaires de l’ashram.


Premier matin à l’ashram

Nous ne nous sommes pas trompés hier soir en arrivant de nuit, l’ashram est immense. Au pied des montagnes, la communauté jouit d’un parc verdoyant où les espèces d’oiseaux et de colibris vivent en harmonie avec la nature. Des maisons indigènes écologiques sont disséminées par-ci par-là. Derrière un bosquet, la piscine. Un peu plus loin, un hôtel écologique. La forme est pour le moins surprenante, on dirait plus une sculpture habitée qu’un véritable hôtel. À l’intérieur, les fresques sur les murs sont sublimes, et l’aménagement nous fait nous évader comme dans un film de Tim Burton. Les escaliers et rampes sont en rondeur et les lits tout autant. Les ouvertures sont omniprésentes, synonyme de lumière et d’espace. Depuis chaque fenêtre, on peut admirer la nature.

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Première expérience de méditation à l’ashram

Vous connaissez l’expression « j’ai beau être matinal, j’ai mal ? ». On y est. Il est 5h50 quand le gong retentit pour la première fois à quelques mètres de notre chambre. La première question qui traverse mon esprit embué c’est : « ah mais c’est sérieux le gong et tout en fait ?! ». Cela signifie qu’on a 10 minutes pour rejoindre le temple. Jean, t-shirt, pull, 2ème pull (bah oui, il fait pas chaud), chaussures, pipi, et on entre dans le temple. On retire ses chaussures à l’extérieur, on pénètre dans le temple en prenant soin de faire le tour de la pièce dans le sens des aiguilles d’une montre et chacun prend place au sol, sur un petit coussin. Une bougie se consume au centre de cette pièce ronde à peine plus grande qu’une chambre. Il est 6h00, Juan-P cesse de tambouriner et diffuse un CD de Chamalu. La voix du chaman nous guide dans notre méditation. C’est notre première fois et nous ne savons pas vraiment comment procéder. Yeux fermés, nous écoutons la voix apaisante de Chamalu en essayant de faire le vide. Mais ce n’est pas chose aisée pour moi. Je pense à mille choses. Aux mails que je dois envoyer ; aux raisons pour lesquelles je suis là ; au pourquoi du comment j’ai atterri assis en tailleur sur ce sol congelé à 5h55 du matin en Bolivie entouré d’inconnus en écoutant un chaman que je ne connais pas. Bref, la vie quoi. Mais trêve de galéjades, cette expérience fut très intéressante mais ne s’agissant que d’une initiation, je n’ai vraiment pas été capable de ne penser à rien. C’était une première qui nous a incités à retenter l’expérience. Bon, pas forcément dès 6h du matin par contre, faut pas pousser.

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Un exemple d’une des maisons écologiques de l’ashram.

 

Jardins à la Française… ou presque

Une fois n’est pas coutume, dès le petit déjeuner enfilé nous fûmes en charge du désherbage dans l’immense jardin potager. Les genoux et les mains dans la terre, nous fîmes la connaissance de Gemma, une adorable Australienne de 22 ans qui voyageait de volontariat en volontariat depuis un an déjà. Gemma était partie seule pour trois ans de voyage autour du monde sans rentrer à la maison (rien que ça !). Comme bien souvent dans les rencontres entre étrangers, on s’essaye à la langue de l’autre et Gemma (prononcez « Djéma ») connaissait quelques mots de français. Elle nous dit « je m’appelle Gemma ». Nous lui répondons « je m’appelle Ambre » et « je m’appelle Nico » . Gemma nous regarde, incrédule : « Toi aussi tu dis Gemma pelle Nico ? Pourquoi tu ne dis pas Nico pelle Nico ? ». Là, c’est moi qui la fixe, incrédule. On se regarde avec Ambre, tous deux interrogatifs, avant de comprendre sa confusion. Gemma pensait que la construction de la phrase voulait que, pour se présenter, elle dise « Gemma pelle Gemma » au lieu de « Je m’appelle Gemma ». Elle pensait donc que chacun devait mettre son prénom en début et fin de phrase pour se présenter. Il n’y a qu’avec son prénom que la confusion était possible, et ça nous a bien faire rire tous les trois !

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L’immense potager/garde-manger de l’ashram, théâtre d’un colloque linguistique.

 

Notre mission à l’ashram Janajpacha

J’avais pour mission d’interviewer le chaman Chamalu en vue d’écrire un article qui devrait être publié en France dans un magazine papier.  Il fallait donc que j’en sache un peu plus sur lui. On m’a mis deux bouquins dans les mains au matin du 2ème jour en me disant : « tu vas interviewer Chamalu, alors ce serait bien que tu lises ses livres avant ». Plutôt cool non ?! Je suis en volontariat en Bolivie et on me demande d’étudier, je dis oui ! Pendant ce temps-là, Ambre travaille sur la communication graphique de l’ashram. Mais elle s’arrache les cheveux car on lui met dans les pattes une jeune Bolivienne de 13 ans qui épie chacun de ses faits et gestes sur Photoshop. Moi je lis tranquillement dans le jardin ! Un excellent moyen d’améliorer mon Espagnol accessoirement.

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Revue d’effectif mon Général

Gemma (22 ans, Australienne), Liege (32 ans, Brésilienne), Julia (25 ans, Autrichienne), Saolo (30 ans, Brésilien) et nous deux composions l’équipe des volontaires de l’ashram. Entretien des espaces verts et du potager ; nettoyage des chambres, sanitaires et parties communes et communication étaient les missions qui nous étaient confiées. L’ashram était dirigé par Wayra, la fille de Chamalu, assistée par des volontaires un peu plus âgés et présents depuis plusieurs mois voire années.
Il y avait Juan-P (45 ans, Uruguayen) très actif dans les travaux extérieurs mais très discret ; la force tranquille. Fanny (32 ans, Française) était aussi très active en cuisine et sur la vente de produits cuisinés. Le sourire vissé en permanence sur le visage, Fanny vit depuis longtemps à Janajpacha et partage désormais sa vie avec Juan-P.
Claudia (37 ans, Chilienne) travaille à l’accueil et vit ici avec son fils de 10 ans, Mario. Avec sa peau mate, ses longs cheveux bruns et ses yeux noirs, Mario ressemble à s’y méprendre au héros du Livre de la Jungle, nous l’avons donc surnommé Mowgli.

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Il faudra nous croire sur parole, mais il lui ressemble trait pour trait. Par contre Baloo et Bagheera n’étaient malheureusement pas de la partie.

Mario n’est pas scolarisé et est obnubilé par sa Game Boy et le portable de sa mère. Mercedes (42 ans, Colombienne), adorable elle aussi, est également adepte du sourire permanent. Enfin, Liz qui gère les allées et venues des volontaires comme nous, ne fait que de brefs passages à l’ashram car elle vit à l’extérieur. Liz non plus n’était avare ni de sourire ni de buena onda (les ondes positives). Quel bonheur de travailler avec des gens comme ça !

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Photo d’équipe, en ultra haute définition évidemment !

L’état d’esprit des membres de l’ashram

En arrivant ici, nous ne nous attendions pas à un lieu très festif, et ce n’est pas ce que nous recherchions. Minimalistes, végétaliens, adeptes de la méditation et de la contemplation de la nature, les membres de l’ashram sont plutôt discrets, calmes et réfléchis. Pour autant ils ne sont pas fermés, coupés de la réalité, et encore moins illuminés. Ils ont juste choisi de se mettre un peu en retrait, de se préserver du train de vie infernal imposé par la société, et de se rapprocher de la nature. Si je devais résumer leurs convictions, je pense qu’elles seraient les suivantes : vivre plus simplement, en harmonie avec la nature ; manger mieux en produisant ses propres fruits, légumes et céréales ; consommer moins pour ne pas épuiser les ressources de la planète.

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Le régime alimentaire à l’ashram

C’est un des arguments qui nous a poussés à venir ici : les habitants de l’ashram sont vegan ou végétaliens si on s’en tient à la langue de Molière. L’idée de manger des graines et des feuilles ne nous emballait pas des masses mais c’est aussi pour ça qu’on était venus : tordre le cou aux idées reçues. Et il faut le reconnaître : on s’est régalés ! Le petit déjeuner était composé d’api, une soupe de maïs assez fade mais chaude et consistance, surtout lorsqu’on y ajoute de l’avoine. Et puis il y avait des bananes aussi, à profusion ! Et un pain maison, très compact, pas très cuit et pas levé du tout. Un pain à la farine brune qui « tient au corps » comme diraient les anciens. Les déjeuners étaient variés : salades composées avec de multiples légumes et noix. Le dîner était plus frugal mais une chose est sûre, on était ravis de découvrir cette cuisine végétalienne, variée et savoureuse. Avant cette expérience, pour moi végétalisme rimait avec nourriture « ennuyeuse », comprenez sans saveur. Je m’étais mis un sacré doigt dans l’œil, et pas qu’un petit, parce qu’on s’est vraiment régalés. Et le tout, en mangeant sainement qui plus est.

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Non, manger Vegan ne ressemble pas à ça…

 

Une soirée de danse inoubliable

Un soir, lors du dîner, certains évoquent l’idée de se retrouver au temple pour danser. Tout le monde est partant, donc même si nous ne sommes pas super emballés, il serait malvenu de refuser. Rendez-vous est pris à 20 heures. Les débuts sont hésitants. On écoute de la musique, agenouillés en rond autour de la bougie au centre du temple. On se tient les mains, c’est calme. Puis on se lève et on commence à bouger timidement, un peu bridés mais toujours en cercle. Ambre est à ma gauche, Liz à ma droite. Puis Juan-P change de musique, elle devient plus entraînante. Alors que tout le monde se tient encore la main, les corps commencent à bouger plus librement, à s’exprimer. Puis sans jamais lâcher la main de son voisin, chacun se détend, bouge, danse, rie, saute, crie… Liz la première ! Il y a une énergie incroyable dans cette pièce. Je lâche prise moi-même et commence vraiment à m’amuser. Ambre aussi et on ne s’arrête plus de bouger dans tous les sens. Quelle expérience, quelle énergie, c’est étonnant !
La séance se termine et Fanny, Juan-P et Liz commencent à se prendre dans les bras. Puis tous trois se dirigent vers les nouveaux arrivants et en font autant avec eux. Un peu surpris, nous les imitons. Leurs câlins sont d’une incroyable intensité. Une véritable étreinte, forte, sincère. Les regards échangés sont intenses et les sourires francs. Je suis sous le charme, ému et ravi d’avoir partagé ce moment avec de parfaits inconnus.

 

A quoi ressemblent deux vegans qui dansent ? Ok je sors…

 

Les bienfaits de ce volontariat à l’ashram

Vous l’aurez sans doute compris, nous ne sommes pas sortis indemnes de cette expérience à Janajpacha. Notre seul regret serait sans nul doute de n’être resté que huit jours. Difficile de faire mieux en raison de notre planning, mais nous avons découvert à l’ashram une communauté extrêmement inspirante. Cette initiation a été un déclic, une porte ouverte à la réflexion sur notre mode de vie et une main tendue pour apprendre à vivre plus en harmonie avec la nature. Un tas d’idées et de questionnements ont germé, à commencer par notre alimentation par exemple, qui devrait se faire davantage en fonction de nos efforts physiques. Manger mieux c’est aussi manger local et plus équilibré. Nous avons également appris à nous adapter au soleil, en se levant tôt et en se couchant tôt pour être en phase avec ce dernier. C’est bon pour l’organisme et cela permet de consommer moins d’électricité… et d’avoir des douches chaudes à Janajpacha quand les réservoirs d’eau douce sont sur les toits ! Bref, on est venus avec des idées reçus et on ressort grandis de ces expériences humaines et « spirituelles ». Une belle leçon, encore une !

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hotel-ashram-janajpacha-bolivieDans le prochain article, rencontre avec Chamalu, le créateur de l’ashram et le chaman de Janajpacha

8 Comments

  1. Votre expérience m’a fait penser au livre « mange, prie, aime » d’Elisabeth Gilbert … Tout le monde devrait vivre ça au moins une fois dans sa vie!! Et je pensais que c’était essentiellement dans les pays asiatiques, d’où l’intérêt supplémentaire de cet article !! Merci à vous! 😘😍😘

    1. Merci Pascale 😀 On ne connaît pas ce livre malheureusement. Pour le reste je suis d’accord, cette expérience est vraiment enrichissante et géniale à vivre. C’était surprenant, mais inspirant 😉

  2. Bon déjà tu m’as tuée de rire avec ta vanne des vegans qui dansent… je m’y attendais pas à celle là !! trop drôle! Bref sinon article très sympa qui m’apprend une culture que je ne connaissais pas du tout. Quand j’ai vu le titre de cet article, j’étais curieuse j’avais envie d’en savoir plus. Et je ne suis pas déçu! Je trouve ça super intéressant de connaître une culture différente et qui semble être pleine de bonnes ondes et de convivialité ! Les « ashram » sont tous magnifiques. Je me verrais bien en avoir et y passer mes vacances. Surtout dans la « Urgente amar » juste pour le nom qu’elle porte.

    1. Merci Laëtitia! oui c’était une super expérience, surprenante, et avec des gens très attachants. On avait quelques réticences (surtout moi!) mais on a vite compris le fonctionnement de cet endroit et on a essayé de se fondre dans cette communauté, en toute humilité. Ces gens qui vivent là sont remarquables et leurs pratiques, leur approche de la vie plus généralement, nous ont fait réfléchir. Une super expérience en somme 😉

    1. Merci Audrey 😉 C’était effectivement une sacrée expérience : humaine, spirituelle, culturelle, écologique…et alimentaire. Ne jamais négliger l’alimentation 😀 JAMAIS !

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